Qui choisit le salon funéraire en Ontario lorsqu'une personne décède à l'hôpital ?

Par Sylvie Poirier
Qui choisit le salon funéraire en Ontario lorsqu'une personne décède à l'hôpital ?

Quelqu'un de l'hôpital vous demande quel salon funéraire appeler, et vous essayez encore d'absorber le fait que votre mère est partie. C'est une question étrange et désorientante à recevoir. Vous ne savez peut-être même pas si c'est votre décision à prendre.

C'est le cas. Lorsqu'une personne décède dans un hôpital en Ontario, c'est la famille qui choisit le salon funéraire, jamais l'hôpital. Qui choisit le salon funéraire en Ontario dépend de l'autorité légale : s'il y a un testament, le fiduciaire de la succession (également appelé l'exécuteur testamentaire) décide. S'il n'y a pas de testament, le choix revient à la famille la plus proche, généralement le conjoint d'abord, puis les enfants adultes, puis les parents.

Vous avez également le droit de dire "J'ai besoin d'un peu de temps." La plupart des familles ne réalisent pas cela non plus.

Ci-dessous : que faire lorsque personne n'a de testament, si les volontés écrites de votre père doivent être suivies, et comment bien choisir un prestataire lorsque vous avez presque pas de temps et encore moins d'énergie.

L'hôpital choisit-il le salon funéraire en Ontario ?

Non. L'hôpital confirme le décès et complète les documents médicaux, mais c'est la famille qui choisit le salon funéraire ou le service de transfert qui prendra soin de votre proche. Si l'on vous remet une liste imprimée de prestataires locaux, c'est par courtoisie, pas par obligation. Vous pouvez choisir quelqu'un qui n'y figure pas.

Voici pourquoi la question se pose si rapidement. Une fois qu'un médecin prononce le décès, l'hôpital doit savoir où votre proche va être transféré. Les morgues des hôpitaux sont petites, et le personnel ne peut commencer le transfert tant qu'une famille n'a pas nommé un prestataire. Ils demandent donc, parfois en quelques minutes, parfois alors que vous êtes encore dans la pièce.

Cette urgence est réelle pour eux. Elle ne doit pas devenir une panique pour vous.

Ce que l'hôpital fait réellement

Le rôle de l'hôpital après un décès est plus restreint que ce que la plupart des familles s'attendent :

  • Un médecin, un infirmier praticien ou un coroner complète le Certificat médical de décès
  • Le personnel déplace votre proche vers la morgue de l'hôpital
  • Le personnel infirmier ou de deuil demande quel salon funéraire ou service de transfert attendre
  • Le personnel de l'hôpital libère votre proche une fois que le prestataire choisi arrive avec les bons documents

Ce que l'hôpital ne fait pas : choisir un prestataire pour vous, en recommander un plutôt qu'un autre, ou prendre toute décision concernant la crémation ou l'inhumation. Ces décisions vous appartiennent.

Vous n'êtes pas obligé d'utiliser la liste qui vous a été remise

Certains hôpitaux conservent une liste de salons funéraires à proximité. Certaines unités ont un prestataire qu'elles appellent plus souvent que d'autres par habitude. Cela ne crée aucune obligation.

Vous pouvez également acheter des fournitures comme des cercueils, urnes et marqueurs auprès d'entreprises qui ne sont pas du tout des opérateurs de deuil agréés ; la province est explicite à ce sujet. Les soins eux-mêmes doivent provenir d'un prestataire agréé, mais le choix de celui-ci vous appartient entièrement.

Si vous ressentez de la pression à ce moment-là, une phrase calme met généralement fin à cela : "Nous n'avons pas encore décidé. Je vous rappellerai avec le nom."

Combien de temps avez-vous vraiment ?

Demandez directement à l'hôpital. Les délais varient entre les hôpitaux et même entre les unités, et la personne en face de vous connaît les siens. La plupart des familles ont des heures, pas des minutes. Certaines ont plus de temps.

Ce que vous devez savoir, c'est que "nous devons la déplacer" est un problème logistique pour l'hôpital, pas une échéance légale pour vous. Une fois que vous nommez un prestataire, ils gèrent le transfert et coordonnent le timing. Notre guide sur les premières 24 heures après un décès en Ontario décrit toute la séquence si vous voulez voir ce qui vient ensuite.

Alors, qui choisit le salon funéraire en Ontario ?

L'autorité légale revient au fiduciaire de la succession nommé dans le testament. S'il n'y a pas de testament, elle passe généralement à la famille survivante la plus proche : conjoint, puis enfants adultes, puis parents. Le gouvernement de l'Ontario publie cet ordre, et les salons funéraires s'y réfèrent. Ce qui surprend la plupart des gens, c'est qu'aucune loi de l'Ontario ne classe réellement les parents ; l'ordre vient du droit commun et de la pratique, pas d'une liste dans la législation.

Cet écart est plus important qu'il n'y paraît, il vaut donc la peine d'être clair sur les deux moitiés.

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S'il y a un testament : le fiduciaire de la succession décide

Le fiduciaire de la succession est la personne nommée dans le testament, parfois appelée l'exécuteur ou l'exécutrice. Ils ont l'autorité pour prendre les dispositions funéraires et de crémation. C'est vrai même s'ils ne sont pas le parent le plus proche, et même si d'autres membres de la famille ne sont pas d'accord.

Attendez-vous à devoir le prouver. L'Ontario conseille aux fiduciaires de la succession d'apporter une pièce d'identité avec photo et une preuve d'autorité, comme une copie du testament ou une ordonnance du tribunal, avant de prendre des dispositions. Un bon prestataire le demandera. Ce n'est pas de la méfiance ; les prestataires peuvent être tenus responsables d'avoir pris quelqu'un en charge sur la parole de la mauvaise personne.

Si vous êtes le fiduciaire de la succession et que c'est votre première fois dans ce rôle, les funérailles ne sont que la première de nombreuses décisions à venir.

S'il n'y a pas de testament : ce qui se passe en pratique

La plupart des familles n'ont pas de testament en main à 2 heures du matin, et beaucoup de gens décèdent sans en avoir un du tout. C'est bien plus courant que vous ne le pensez, et cela ne bloque rien.

En pratique, le plus proche parent fait les arrangements, dans cet ordre approximatif :

  1. Conjoint ou partenaire de fait
  2. Enfants adultes, 18 ans et plus
  3. Parents de la personne décédée
  4. Frères et sœurs et autres parents proches

Les prestataires funéraires travaillent selon cet ordre tous les jours. Tant que la famille est d'accord, les arrangements se déroulent normalement ; personne n'a besoin d'aller au tribunal d'abord. Un administrateur de succession nommé par le tribunal ne devient nécessaire que lorsqu'il y a un véritable différend, ou lorsqu'il n'y a pas de famille disponible du tout.

La succession elle-même est une affaire distincte, et plus lente. Notre guide sur le règlement d'une succession sans testament en Ontario couvre ce qui se passe après que les funérailles sont derrière vous.

Ce que la loi ontarienne dit réellement, et ne dit pas

Voici la partie que presque personne n'explique. La Loi de 2002 sur les services funéraires, les inhumations et les crémations de l'Ontario est la loi qui régit ce secteur, et elle ne contient aucune hiérarchie de qui peut diriger les arrangements. L'Autorité des services funéraires de l'Ontario, le régulateur, déclare clairement que la Loi "ne prescrit pas de qui prendre direction pour la prestation de services de soins de décès." L'ASFO ajoute qu'elle ne peut donner de conseils juridiques sur le droit de quiconque de prendre ces décisions. Il appartient donc à chaque salon funéraire de s'assurer qu'il traite avec les bonnes personnes.

Ainsi, les deux choses sont vraies à la fois : il n'y a pas de liste statutaire, et il y a un ordre bien établi que la province publie et que chaque prestataire suit. L'autorité vient du droit commun, avec la Loi sur le droit des successions guidant les affaires lorsqu'il n'y a pas de testament.

SituationQui a l'autoritéCe qu'on leur demandera
Il y a un testament nommant un liquidateurLe liquidateur (exécuteur testamentaire)Une pièce d'identité avec photo et le testament, ou une ordonnance du tribunal
Pas de testament, la famille est d'accordProche parent : conjoint, puis enfants adultes, puis parentsUne pièce d'identité avec photo et le lien de parenté avec votre proche
Pas de testament, la famille est en désaccordUn administrateur de succession nommé par le tribunalDocuments de nomination par le tribunal
Aucune famille ne peut être localiséeLe Bureau du curateur publicGéré directement par ce bureau

Les volontés du défunt doivent-elles être suivies?

Celle-ci surprend les familles. En Ontario, les volontés écrites d'une personne concernant ses propres funérailles ou sa crémation ne lient pas légalement le liquidateur. Le cas de référence est Saleh c. Reichert (1993), où le tribunal a statué que les volontés exprimées concernant la disposition d'un corps ne peuvent être appliquées en droit. Rien n'empêche le liquidateur de les honorer, et en pratique, presque tous le font.

Si votre père a écrit "crémation, pas de service" sur un bout de papier dans son classeur, ce papier a un poids moral énorme mais aucune force légale. Le liquidateur pourrait techniquement décider autrement.

En réalité, cela devient rarement un problème. Les liquidateurs sont généralement les personnes qui ont le plus aimé le défunt, et honorer les volontés est la raison même pour laquelle ils ont accepté le rôle. Là où cela peut surgir, c'est dans les familles divisées pour des raisons religieuses ou culturelles : une branche s'attend à un enterrement, une autre détient une note indiquant la crémation.

Si vous voulez que vos propres volontés soient réellement respectées, la démarche pratique n'est pas un document plus fort. C'est de dire à la personne que vous avez nommée comme liquidateur, à voix haute, ce que vous souhaitez, et de choisir quelqu'un qui les réalisera.

Qui décide, qui paie, et qui signe

Ce sont trois questions différentes, et elles peuvent concerner trois personnes différentes. Les démêler tôt évite une conversation désagréable plus tard.

La personne ayant l'autorité légale décide. La personne qui signe le contrat est responsable de cette facture, qu'elle soit ou non le proche parent, et que la succession la rembourse ou non. La succession paie à la fin, à partir des actifs laissés derrière.

RôleQui c'est habituellementDe quoi ils sont responsables
DécideLiquidateur, ou proche parent s'il n'y a pas de testamentChoisir le fournisseur, crémation ou enterrement, calendrier
SigneCelui qui signe le contrat funérairePayer cette facture personnellement si la succession ne peut pas ou ne veut pas
RembourseLa successionLes frais funéraires sont généralement une première réclamation contre la succession

Donc, si vous êtes le fils hors province qui signe parce que vous êtes celui au téléphone, vous avez personnellement pris en charge cette facture, même si votre sœur est la liquidatrice. Discutez-en avant que quelqu'un ne signe. Notre guide sur qui paie les frais funéraires en Ontario couvre le remboursement, la prestation de décès du RPC et l'assistance municipale s'il n'y a vraiment pas d'argent.

Pouvez-vous choisir un salon funéraire d'une autre province?

Oui. Vous pouvez autoriser un fournisseur ontarien par téléphone de n'importe où au pays, et tout organiser sans mettre les pieds dans un bâtiment. C'est courant; les fournisseurs coordonnent constamment les arrangements à distance, surtout pour les enfants adultes vivant loin d'un parent vieillissant.

On vous demandera votre identification, votre lien de parenté avec votre proche, et une preuve d'autorité si vous êtes le liquidateur. Les documents peuvent être signés et retournés électroniquement. Le transfert de l'hôpital, la paperasse, et la crémation se poursuivent pendant que vous organisez vos vols ou décidez si vous devez venir.

Chez Cleo, les arrangements à distance ne sont pas l'exception, c'est la majorité de ce que nous faisons. Nous livrerons aussi les cendres, pour que personne n'ait à planifier un voyage autour d'un ramassage. Si vous coordonnez depuis Calgary ou Halifax, mentionnez-le lors du premier appel. Cela ne change rien à ce qui est possible, mais cela aide le fournisseur à organiser les choses autour de vous.

Que faire si la famille est en désaccord sur le salon funéraire?

Commencez par la version honnête : le désaccord à ce stade est généralement le deuil qui prend un autre visage. Deux frères et sœurs qui se disputent sur le choix du salon funéraire ne sont rarement en désaccord sur le salon funéraire.

Légalement, la personne ayant l'autorité a le dernier mot. Le liquidateur peut procéder malgré les objections. Lorsqu'il n'y a pas de testament et que les proches parents ne peuvent s'entendre, les directives du BAO aux salons funéraires sont claires. La famille doit soit parvenir à un accord, soit aller en cour pour faire nommer un administrateur.

Le recours à la cour est lent, coûteux, et tombe au milieu d'une semaine où personne n'a la capacité pour cela. Avant d'en arriver là, quelques éléments tendent à aider :

  • Nommer qui a l'autorité à haute voix, tôt, pour que personne ne devine
  • Séparer les décisions : les personnes qui ne sont pas d'accord sur un mémorial sont souvent entièrement d'accord sur la crémation elle-même
  • Mettre le choix contesté dans le cadre de ce que votre parent voulait, pas de ce que chaque frère ou sœur préfère
  • Donnez à la personne réticente un vrai rôle dans autre chose, comme la rédaction de l'avis de décès ou l'organisation de la cérémonie.

La plupart des désaccords se dissolvent une fois que quelqu'un dit « Maman a demandé cela » et que le reste de la famille reconnaît que c'est vrai.

Comment choisir un fournisseur quand vous avez presque pas de temps

On vous demande de prendre une décision financière importante alors que vous êtes épuisé et en deuil, sans expérience sur laquelle vous appuyer. Il n'y a pas de version de cela qui soit agréable. Mais une poignée de questions vous dira l'essentiel de ce que vous devez savoir, et vous pouvez toutes les poser en un seul appel téléphonique.

  • « Pouvez-vous m'envoyer votre liste de prix ? » Les fournisseurs doivent vous donner une liste de prix de tout ce qu'ils vendent avant qu'un contrat ne soit conclu. Quiconque refuse vous dit quelque chose.
  • « Est-ce le montant final ? » Demandez ce qui est inclus et ce qui est ajouté plus tard : le transfert, le certificat de crémation du coroner, les certificats de décès, l'urne.
  • « Que se passe-t-il si nous changeons d'avis ? » Dans la plupart des cas, vous pouvez annuler par écrit à tout moment avant que les fournitures ou services n'aient été fournis, avec un remboursement pour tout ce que vous n'avez pas encore reçu. Une fois le transfert effectué, attendez-vous à payer pour ce transfert.
  • « Êtes-vous autorisé par l'Autorité des services funéraires de l'Ontario ? » Les salons funéraires, services de transfert et crématoriums doivent tous l'être, et vous pouvez vérifier leur statut publiquement.
  • « Comment fonctionne le certificat du coroner ici ? » Chaque crémation en Ontario en nécessite un. Notre guide sur le certificat de crémation du coroner en Ontario et au Québec explique le calendrier.

La réponse de Cleo à la question des prix est un montant fixe, tout compris, couvrant le transport, la crémation, les certificats de décès et une urne de base. Le devis que vous recevez lors du premier appel est la facture que vous payez. Vous pouvez voir les prix actuels en Ontario ici.

Si la personne au téléphone vous fait sentir pressé, c'est aussi une information. De nombreuses familles appellent deux ou trois fournisseurs avant de décider, et chacune d'elles a droit à cela.

L'Ontario et le Québec fonctionnent différemment

Si votre famille est répartie entre les deux provinces, ne présumez pas que les règles voyagent. Le Québec utilise le liquidateur nommé dans le testament plutôt qu'un fiduciaire de la succession, et lorsque le testament est silencieux, les héritiers décident ensemble en vertu du Code civil. Le vocabulaire et le droit sous-jacent sont tous deux différents. Nous avons rédigé un guide séparé sur qui choisit le salon funéraire au Québec pour les familles dans cette situation.

Qui choisit le salon funéraire en Ontario : vous le faites

Le choix vous appartient. Pas à l'hôpital, pas au premier fournisseur dont vous avez reçu la brochure, et pas à celui qui a parlé le plus fort au téléphone. S'il y a un testament, le fiduciaire de la succession décide ; s'il n'y en a pas, c'est la famille la plus proche qui le fait. Dans tous les cas, la décision appartient à votre famille.

Vous êtes également autorisé à prendre une pause avant de le faire. Demandez à l'hôpital leur calendrier. Demandez à deux fournisseurs leurs listes de prix. Demandez ce qui est réellement inclus. Personne ne vous en voudra de vouloir une réponse claire avant de vous engager, et tout fournisseur digne d'être choisi vous en donnera une sans soupirer.

Il n'y a pas de mauvaise façon de faire cela, et aucune version que vous réussirez parfaitement. De nombreuses familles organisent une crémation simple et tiennent quelque chose de significatif des semaines plus tard, lorsqu'elles peuvent vraiment être présentes. C'est une vraie option, pas une option moindre.

Si vous souhaitez en discuter, que vous finissiez ou non par nous choisir, nous sommes là 24/7.

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