Que se passe-t-il avec un compte bancaire conjoint lorsqu'une personne décède en Ontario

Par Cleo Funeral and Cremation Specialists
Que se passe-t-il avec un compte bancaire conjoint lorsqu'une personne décède en Ontario

Vous êtes assis à la table de la cuisine avec une pile de papiers, essayant de trier les finances de votre proche. Il y a un compte bancaire conjoint - peut-être celui que vos parents partageaient, ou un auquel votre mère vous a ajouté il y a des années - et vous devez savoir : qu'advient-il de ce compte maintenant ?

La réponse courte est que cela dépend de qui est le titulaire conjoint du compte. La loi ontarienne traite un compte conjoint entre conjoints très différemment de celui entre un parent et un enfant adulte. Cette distinction affecte si l'argent passe automatiquement au titulaire survivant, s'il est intégré à la succession, et si vous devrez payer l'impôt sur l'administration des successions.

Voici ce que vous devez savoir, étape par étape.

Aperçu des comptes conjoints entre conjoints et entre parent-enfant

Compte conjoint entre conjointsCompte conjoint entre parent-enfant
Présomption légaleCadeau au conjoint survivant (présomption d'avancement)Détenu en fiducie pour la succession (présomption de fiducie résultante)
Droit de survieOui - automatiqueSeulement si l'intention de cadeau du parent est prouvée
Passe par la vérification du testament ?NonProbablement oui, sauf si documenté autrement
Impôt sur l'administration des successions ?NonOui, si considéré comme bien de la succession
Ce dont vous avez besoin à la banqueCertificat de décèsCertificat de décès + possiblement certificat de succession

Passons maintenant aux détails.

Comment fonctionnent les comptes bancaires conjoints en Ontario

Vous connaissez probablement déjà les bases : les deux personnes sur un compte conjoint peuvent déposer, retirer et gérer l'argent. Ce que la plupart des familles ne réalisent pas, c'est que ce qui se passe après le décès d'un titulaire dépend entièrement de la structure du compte et de ce que la loi ontarienne présume de l'arrangement.

Ce que signifie réellement le "droit de survie"

La plupart des comptes bancaires conjoints en Ontario sont configurés avec un droit de survie. Cela signifie que lorsqu'un titulaire de compte décède, la pleine propriété du compte est automatiquement transférée au titulaire survivant. L'argent ne passe pas par la succession, ne nécessite pas de certificat de succession (le terme ontarien pour la vérification du testament), et n'est pas soumis à l'impôt sur l'administration des successions.

Vous verrez souvent cela décrit comme le compte passant "en dehors de la succession". En termes pratiques, le titulaire survivant continue simplement d'utiliser le compte après avoir fourni à la banque un certificat de décès.

Propriété conjointe vs. copropriété en commun

Il existe deux types de propriété conjointe en Ontario :

  • Propriété conjointe avec droit de survie: Le titulaire survivant hérite automatiquement de l'intégralité du compte. C'est la configuration par défaut pour la plupart des comptes bancaires conjoints.
  • Copropriété en commun: Chaque titulaire possède une part définie. Lorsqu'un titulaire décède, sa part va à sa succession - pas à l'autre titulaire.

La plupart des banques configurent par défaut les comptes conjoints comme des propriétés conjointes. Mais cela vaut la peine de confirmer avec votre banque, car la distinction est significative lors du règlement d'une succession.

Comptes conjoints entre conjoints

Si vos parents détenaient un compte bancaire conjoint, ou si vous en déteniez un avec votre conjoint, la loi est généralement simple.

La présomption d'avancement

En vertu de l'article 14 de la Loi sur le droit de la famille de l'Ontario, lorsque des conjoints mariés détiennent un compte conjoint, la loi présume un cadeau (appelé "présomption d'avancement"). Cela signifie que le conjoint survivant est présumé être le propriétaire légitime des fonds - sans poser de questions, à moins que quelqu'un puisse prouver le contraire.

C'est le scénario le plus simple. Le conjoint survivant possède l'argent de plein droit grâce au droit de survie.

Ce qui se passe automatiquement

Lorsqu'un conjoint décède sur un compte conjoint :

  • Le compte ne fait pas partie de la succession
  • Aucun certificat de succession (homologation) n'est nécessaire pour le compte
  • Aucune taxe d'administration de succession n'est due sur le solde du compte
  • Le conjoint survivant conserve l'accès complet et la propriété

Ce que le conjoint survivant doit faire à la banque

Même si la loi est claire, la banque a tout de même besoin de documents. Voici à quoi vous attendre :

  1. Apportez le certificat de décès à votre succursale bancaire
  2. Demandez la suppression du nom du titulaire décédé du compte
  3. Mettez à jour les dossiers du compte -- la banque peut émettre de nouvelles cartes de débit ou des documents de chèques
  4. Renseignez-vous sur les paiements automatiques liés au nom ou au numéro de carte du titulaire décédé

Ce processus prend généralement une à deux visites en succursale. Certaines banques peuvent restreindre temporairement certaines transactions jusqu'à ce que les documents soient traités, mais elles ne devraient pas geler complètement le compte.

Comptes conjoints entre parents et enfants adultes

C'est là que les choses se compliquent -- et où de nombreuses familles sont prises au dépourvu.

La présomption de fiducie résultante

Lorsqu'un parent ajoute un enfant adulte à un compte bancaire, la loi en Ontario ne présume pas qu'il s'agit d'un don. Au contraire, la loi part de la présomption opposée : l'enfant détient le compte en fiducie pour la succession du parent.

Ce principe provient de *Pecore c. Pecore*, une décision de 2007 de la Cour suprême du Canada. La cour a statué que lorsqu'un parent transfère des biens à un enfant adulte -- y compris en l'ajoutant à un compte bancaire -- il y a une présomption de fiducie résultante. En termes simples, la loi suppose que le parent n'avait pas l'intention de donner l'argent. Il voulait simplement que l'enfant ait accès pour des raisons de commodité.

Cela est important car si le compte est considéré comme détenu en fiducie, l'argent retourne à la succession lorsque le parent décède. Il est distribué selon le testament (ou selon les règles d'intestat de l'Ontario s'il n'y a pas de testament), et il peut être soumis à la taxe d'administration de succession.

Quand le compte passe à l'enfant vs. retourne à la succession

L'enfant peut garder l'argent seulement si il peut prouver que le parent avait réellement l'intention de le lui offrir en cadeau. Les tribunaux examinent plusieurs facteurs :

  • Documentation écrite : Le parent a-t-il laissé une lettre, une note ou une instruction indiquant que l'argent devait aller à l'enfant ?
  • Dossiers bancaires : Les documents d'ouverture de compte montrent-ils l'intention du parent ?
  • Le testament : Le testament mentionne-t-il le compte conjoint ou contredit-il l'idée d'un don ?
  • Qui a utilisé le compte : L'enfant a-t-il activement déposé et retiré de l'argent, ou seul le parent l'a-t-il utilisé ?
  • Déclarations fiscales : Le parent a-t-il déclaré tous les revenus d'intérêts, ou l'enfant en a-t-il déclaré une partie ?
  • Déclarations verbales : Le parent a-t-il informé des membres de la famille ou des amis de son intention ?

Il peut être inconfortable de penser à "prouver" les intentions d'un parent après son décès. Mais les tribunaux ont besoin de preuves concrètes, et plus il y a de documentation, plus le processus sera fluide pour tout le monde.

Sans preuve claire, le compte sera probablement traité comme un actif de la succession. De nombreuses familles établissent des comptes conjoints de cette manière sans réaliser les implications légales -- c'est l'une des erreurs de planification successorale les plus courantes en Ontario.

Comment éviter ce problème

Si vous êtes un parent qui a ajouté un enfant à votre compte pour des raisons de commodité -- paiement de factures, gestion des finances en vieillissant -- la chose la plus importante que vous puissiez faire est documentez votre intention par écrit. Une lettre signée indiquant si vous souhaitez que l'argent soit transmis à votre enfant ou fasse partie de votre succession peut prévenir des litiges juridiques coûteux.

Si vous cherchez des conseils plus larges sur la documentation de vos volontés, notre guide sur la rédaction d'un testament qui documente vos volontés couvre les principes clés, bien que les exigences pour les testaments en Ontario diffèrent de celles du Québec.

Un compte bancaire conjoint déclenche-t-il la Taxe d'administration successorale?

Vous avez peut-être entendu cela appelé "frais d'homologation" -- en Ontario, le nom officiel est Taxe d'administration successorale (TAS). C'est un frais que le tribunal facture lorsqu'il délivre un certificat de succession, et il est calculé en fonction de la valeur totale de la succession. Voici à quoi cela ressemble en pratique.

Les taux actuels de la TAS en Ontario

À partir de 2026, les taux sont :

Valeur de la successionTaux de taxe
Premiers 50 000 $0 $ (pas de taxe)
Montant supérieur à 50 000 $15 $ par tranche de 1 000 $ (ou partie de celle-ci)

Ainsi, pour une succession de 240 000 $, le calcul est : 240 000 $ moins 50 000 $ = 190 000 $ imposables. Cela représente 190 unités de 1 000 $, multipliées par 15 $ = 2 850 $ en Taxe d'administration successorale.

Quand les comptes conjoints sont exemptés

Un compte bancaire conjoint avec un véritable droit de survie passe en dehors de la succession. Il n'est pas inclus dans le calcul de la valeur de la succession, et aucune TAS n'est due.

Cela s'applique à :

  • Comptes conjoints entre conjoints (présomption d'avancement)
  • Comptes conjoints où le parent avait clairement l'intention de faire un don à l'enfant (avec preuve)

Quand les comptes conjoints sont soumis à la TAS

Si un compte conjoint est considéré comme détenu en fiducie résultante -- ce qui signifie que l'enfant survivant ne peut pas prouver que le parent avait l'intention de faire un don -- le solde du compte est traité comme faisant partie de la succession.

Voici un exemple concret : supposons que votre mère ait ajouté votre frère à un compte d'épargne contenant 200 000 $. Si ce compte est considéré comme détenu en fiducie pour la succession, la TAS serait d'environ 2 250 $ ((200 000 $ - 50 000 $) x 15 $ / 1 000 $). C'est de l'argent que la succession paie avant que quoi que ce soit ne soit distribué aux bénéficiaires.

Si un certificat de succession est requis, le représentant de la succession doit également déposer un Déclaration d'information sur la succession dans les 180 jours calendaires suivant la délivrance du certificat.

Étape par étape : que faire avec un compte bancaire conjoint après un décès

Que le compte soit entre conjoints ou entre un parent et un enfant, voici à quoi ressemblent vos droits en tant que titulaire survivant d'un compte conjoint en pratique.

1. Informez la banque

Contactez la banque dès que raisonnablement possible. Vous devrez fournir :

  • Le certificat de décès (un original ou une copie certifiée conforme)
  • Votre pièce d'identité en tant que titulaire survivant du compte
  • Le(s) numéro(s) de compte en question

En Ontario, un certificat de décès coûte entre 15 $ et 45 $ et peut prendre jusqu'à 12 semaines pour arriver après l'enregistrement. Si vous devez agir plus tôt, demandez à la banque si elle acceptera une déclaration de décès du directeur de funérailles comme documentation provisoire.

2. Comprenez vos droits d'accès

Si vous êtes un titulaire conjoint survivant, vous devriez conserver l'accès au compte. La banque peut temporairement restreindre certaines fonctions pendant le traitement de la notification, mais elle ne devrait pas geler le compte complètement.

Si la banque restreint l'accès, demandez un calendrier clair et obtenez le nom de la personne qui gère votre dossier.

3. Déterminez si un certificat de succession est nécessaire

Vous aurez besoin d'un certificat successoral (homologation) si :

  • Le compte conjoint est présumé être une fiducie résultante (compte parent-enfant sans documentation claire)
  • Il y a d'autres actifs successoraux qui nécessitent un certificat successoral
  • Une institution financière en demande un avant de libérer des fonds

Vous n'avez pas besoin d'un certificat successoral si :

  • Le compte est une véritable copropriété conjointe avec droit de survie entre conjoints
  • Le solde du compte est suffisamment faible pour que la banque libère les fonds sans certificat (de nombreuses banques ont des seuils internes)

4. Surveillez les dettes et les découverts

Les titulaires de comptes conjoints partagent la responsabilité des dettes du compte. Si le compte est à découvert, le titulaire survivant est responsable de le rembourser. Vérifiez :

  • Les soldes de découvert impayés
  • Les paiements automatiques qui pourraient continuer à être traités
  • Les débits préautorisés liés aux obligations du titulaire décédé

Annulez ou redirigez tout paiement automatique qui ne devrait plus être effectué.

Erreurs courantes que les familles commettent avec les comptes conjoints

Même les familles organisées trébuchent sur ces points :

Supposer que tous les comptes conjoints évitent l'homologation. Un compte conjoint entre un parent et un enfant adulte peut ne pas éviter l'homologation du tout. Sans preuve de l'intention du parent de faire un don, le compte est intégré à la succession.

Retirer de grosses sommes avant de notifier la banque. Cela peut créer de sérieux problèmes juridiques si d'autres bénéficiaires contestent plus tard le retrait. Si vous êtes le titulaire conjoint survivant, informez d'abord la banque et documentez tout.

Ne pas vérifier les autres actifs conjoints. Les comptes bancaires conjoints ne sont pas les seuls actifs conjoints. Les comptes d'investissement, les CPG et même les biens immobiliers peuvent avoir des problèmes similaires. Passez en revue tous les avoirs conjoints dans le cadre du règlement de la succession.

Ignorer le testament. Le testament peut contenir des instructions qui contredisent l'arrangement du compte conjoint. Si le testament dit "tous mes biens doivent être divisés également entre mes trois enfants" mais qu'un enfant est sur le compte conjoint, cela peut entraîner un litige.

Oublier de mettre à jour les bénéficiaires du compte. Après le décès d'un titulaire, le titulaire survivant devrait revoir et mettre à jour ses propres désignations de bénéficiaires et son plan successoral.

Alternatives aux comptes conjoints pour la planification successorale

Si vous aidez un parent à planifier à l'avance -- ou planifiez pour vous-même -- il y a souvent de meilleures options que d'ajouter quelqu'un à un compte conjoint.

Procuration pour les biens

Une procuration continue pour les biens permet à quelqu'un de gérer vos finances sans être ajouté à vos comptes. Le mandataire (la personne que vous désignez) peut payer les factures, gérer les investissements et s'occuper des opérations bancaires en votre nom -- sans les complications juridiques de la copropriété.

C'est souvent l'alternative la plus sûre pour les parents qui veulent qu'un enfant aide à gérer leurs finances.

Désignations de bénéficiaires

Les comptes enregistrés -- REER, FERR et CELI -- vous permettent de nommer un bénéficiaire directement. Lorsque vous décédez, les fonds sont transférés au bénéficiaire nommé en dehors de la succession, sans impôt successoral à payer.

Un amendement de décembre 2025 à la Loi sur la réforme du droit des successions de l'Ontario (Projet de loi 46) permet désormais aux mandataires et tuteurs de redésigner le même bénéficiaire lorsque ces plans sont convertis, renouvelés ou transférés -- comblant une lacune qui causait auparavant des complications.

Arrangements de fiducie formels

Pour les successions plus importantes ou les situations familiales plus complexes, une fiducie formelle peut fournir des règles claires sur qui reçoit quoi, quand, et sous quelles conditions. Les fiducies sont plus coûteuses à mettre en place que les comptes conjoints, mais elles évitent l'ambiguïté qui mène aux litiges.

Si vous envisagez vos propres arrangements de fin de vie, vous pourriez vouloir prévoir votre crémation ou explorer si les plans funéraires prépayés en valent la peine dans le cadre de votre planification globale.

Gérer le côté financier tout en gérant tout le reste

Trier les comptes conjoints n'est qu'une partie de ce que les familles affrontent après le décès d'un être cher. Vous pourriez également organiser la crémation, notifier les agences gouvernementales, soutenir les membres de la famille en deuil et gérer votre propre perte -- tout en même temps. Rappelez-vous que le parcours de deuil de chacun est différent, et il n'y a pas de bonne façon de naviguer à travers tout cela en même temps.

Si vous organisez une crémation en Ontario, Cleo peut vous aider à alléger ce fardeau. Nous offrons un service de crémation fixe et tout compris sans frais cachés -- ce que nous vous proposons est ce que vous payez. C'est une chose de moins à vous soucier pendant que vous naviguez à travers les détails financiers et légaux.

Pour un aperçu plus large de la façon dont fonctionnent les comptes conjoints dans toutes les provinces, consultez notre guide canadien complet sur les comptes bancaires conjoints après un décès.

Vous gérez beaucoup de choses en ce moment, et le fait que vous fassiez des recherches montre que vous faites ce qu'il faut pour votre famille. Prenez-le une étape à la fois. Et si vous avez besoin d'aide pour les arrangements de crémation, nous sommes là 24/7.

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